Avec l’aide involontaire de la BCE, les entreprises se font payer pour être financées.

C’était dans l’air du temps, Marie Draghi a annoncé jeudi de ne pas arrêter le programme de la BCE « QE » (quantitative easing) qui permet à cette dernière d’acheter massivement la dette des états, entrainant dans son sillage la baisse des taux privés.

La Bourse de Wall Street a ouvert mardi proche de l'équilibre avec des investisseurs à la recherche d'indices sur le calendrier que choisira la Réserve fédérale pour relever ses taux d'intérêt. Le Dow Jones cède 0,01% à 18.501,89 points. Le Standard & Poor's 500, plus large, progresse de 0,01% et le Nasdaq Composite perd 0,05%. /Photo d'archives/REUTERS/Brendan McDermid


Le quantitative easing

La BCE est au milieu de sa phase de rachat de la dette des états européens. Avec 1.000 milliards pour un but à 1.660 milliards, elle prévoit d’acquérir 12% du PIB européen. Le but est d’assouplir la politique monétaire en faisant baisser les taux d’obligations des états et en entrainant ainsi les taux privés à la baisse, ce qui, avec un taux directeur à 0% entrainerait les banques à faire du crédit et pousseraient les investisseurs à chercher de nouvelles formes de rendement via des actifs financiers plus profitables et ainsi relancer l’inflation.

Les financements des entreprises entrainés à la baisse

La conséquence directe de cette politique est donc d’entrainer le marché obligataire, qui suit traditionnellement le marché primaire, vers des taux négatifs. Résultat : les entreprises ont commencés à émettre des obligations à des taux négatifs pour se financer. Les investisseurs doivent payer pour prêter leur argent. Sanofi et Henkel se sont financés à -0,05% pour respectivement 1 milliard et 500 millions en 42 et 24 mois.

Les durées de financement à la hausse

Le revers de la médaille est donc de voir les investisseurs immobiliser leurs fonds sur des durées plus longues pour être rentables. Les grandes entreprises proposent des investissements à long terme, comme Coca-Cola qui s’est financé à 1,12% sur une durée de 20 ans à la fin du mois dernier. Cet allongement de la durée devrait avoir un impact stabilisateur, les investisseurs veulent profiter des quelques taux encore positifs et permettent donc un développement favorables des entreprises qui se retrouvent cash rich. Cependant, la situation est en même temps paradoxalement instable, car en cas de choc économique brutal, le marché pourrait se retourner ou se fermer pour un temps.

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