Brexit : Opération guérilla pour la City pour les années à venir

L’une des conséquences du Brexit sera la mise en souffrance des institutions financières londoniennes, qui ont d’ores et déjà commencés leur négociation avec le gouvernement britannique, qui lui-même doit négocier sa sortie de l’Europe.


Comment préserver sa suprématie européenne ?

La relation entre le Vieux-Continent et le Royaume-Uni va devoir être redéfinie dans les années de négociation à venir de l’après Brexit. Il y a fort à parier que le secteur financier sera fortement impacté et doit donc se positionner et faire front commun pour sauver ce qui peut l’être. C’est dans ce cadre spécifique que le ministre des finances britannique, Phillip Hammond, a été reçu par les pontes de l’industrie financière de la City. A la table des négociations, HSCB, Morgan Stanley, Santander, Aviva et LES (London Stock Exchange) qui ont mis leurs différents de côté pour négocier des conditions particulières. Le but étant de disposer, à terme, du meilleur accord possible pour le secteur au terme des discussions avec le reste de l’Europe.

Les lobbies financiers britanniques estiment que les institutions financières doivent être à même de garder leurs facilités d’accès au marché européen. A ce jour, toute société basée outre-manche peut valablement faire le commerce de services dans le reste de l’Europe via un passeport qui lui donne accès au marché unique. A l’avenir, ce passeport pourrait être remis en jeu dans une négociation plus large entre les différents acteurs. Par exemple, il pourrait faire contrepoids avec l’accueil migratoire qui était précisément l’une des pierres d’achoppement du Brexit. S’il fallait donc choisir entre l’intérêt financier et la politique migratoire, on ne pourrait prédire un résultat probant dans la volonté politique britannique.

Une masse salariale et un part importante du PIB

Le poids que prennent les institutions financières établies à Londres est par ailleurs gigantesque. Le prix de l’immobilier n’étant pas insensible aux frasques des traders professionnels qui sillonnent les quartiers londoniens. En effet, le secteur financier britannique représente à lui seul plus de 10% du produit intérieur brut pour +- 2 millions de travailleurs (directs et indirects). Il va donc sans dire qu’un effondrement du secteur porterait un préjudice sans commune mesure à l’économie nationale.

graph3

En plus de cela, les banques locales sont depuis le Brexit ardemment courtisées par les autres places financières européennes. Que ce soit Bruxelles, Paris ou Francfort, tous font du pied à leurs homologues de la City. Dans cette optique, il faut noter une déclaration probablement purement provocatrice de Philip Hammond qui produit le spectre d’une délocalisation massive vers les places américaines et New-York. Si cela doit se faire, il devra acter de concert avec les acteurs du marché, qui pourraient bien décider de faire cavaliers seuls et de conserver ainsi la position écrasante qu’ils ont sur les marchés européens…..

Fermer le menu
32336388b6edb904b3d0cab90ee3834d!!!!!!